Hollywood Gossip - les commères d'Hollywood - Documentaire (2017)
Hollywood Gossip - les commères d'Hollywood - Documentaire (2017)

Documentaire de Clara Kuperberg et Julia Kuperberg 53 min 2016

"Ce documentaire retrace les méfaits, parfois dévastateurs, de deux journalistes à potins du cinéma américain.
Ceux qui ne savaient rien d’Hedda Hopper (1885-1966), la série Feud, de Ryan Murphy a rappelé qui fut, avec Louella Parsons (1881-1972), la chroniqueuse mondaine des potins d’Hollywood la plus célèbre aux Etats-Unis, des années 1930 à 1960. Mais Feud fait d’Hopper un portrait partiel : si ses chapeaux légendaires (qui, dans les jours fastes, concurrençaient dangereusement les constructions fruitières couvrant le chef de l’actrice Carmen Miranda) sont reconnaissables, Murphy a mis de côté l’influence létale de la journaliste, qui, au moment des purges anticommunistes de l’après-guerre, fut un limier frénétiquement dévoué au service de J. Edgar Hoover, le directeur du FBI, et du maccarthysme.

Le documentaire de Clara et Julia Kuperberg documente plus complètement le portrait de cette ancienne actrice (Hopper avait joué, au début du parlant, dans quelque cent vingt films), devenue journaliste au Los Angeles Times, « pistonnée » par les studios de cinéma d’Hollywood.

Les producteurs pensaient avoir installé un contre-pouvoir à Louella Parsons, considérée comme la « reine » ou « la première dame » d’Hollywood » (comme Hopper plus tard, Parsons s’exprimait à la télévision et à la radio en sus d’être publiée par les journaux). Mais, ainsi que s’en rendit compte, hélas ! trop tard, Louis B. Mayer, le patron de la Metro-Goldwyn-Mayer (MGM) : « Au lieu de me débarrasser d’un monstre, j’en ai créé un second… » Car il fallait composer avec ces deux redoutables commères : même leur silence à propos d’un acteur ou d’un film était remarqué et dommageable.

Parsons avait d’autant plus de pouvoir qu’elle travaillait pour le puissant groupe de presse de William Randolph Hearst et était lue, ainsi que le rappelle l’un des historiens du cinéma témoignant dans ce documentaire, dans plus de quatre cents journaux dans le pays, grâce à ce que les Américains appellent la « syndication ».

Quand Citizen Kane, d’Orson Welles, sortit, en 1941, Louella Parsons s’empressa de signaler à qui de droit que le personnage principal du film était une satire de son patron. S’ensuivit une campagne massive et haineuse de dénigrement, de mauvaises critiques, encouragée par Hearst.

Cible favorite : Chaplin

Cependant, Parsons était intéressée plus généralement par les potins intimes ou par « la couleur des murs de la salle de bains » des vedettes ; Hopper, quant à elle, était beaucoup plus politisée – à droite toute, et viscéralement anti­communiste.

Avant même de dénoncer de nombreux artistes des studios hollywoodiens pour « activités antiaméricaines » présumées, elle fera de Charlie Chaplin une cible favorite, lui reprochant d’avoir profité des Etats-Unis sans en prendre la nationalité : « Il est venu pour dîner, et il est resté quarante ans », persiflera-t-elle en une formule restée fameuse.

Hopper suggéra, sans donner de noms, mais en livrant assez d’indices pour qu’on les identifie sans peine, l’homosexualité de certains, les liaisons extraconjugales d’autres, ouvrant la voie au journalisme de tabloïd.

C’est l’objet de la troisième partie du documentaire, qui évoque le magazine Confidential – auquel les studios intentèrent, en 1957, mais sans succès, un procès retentissant –, qui alla encore plus loin que ces commères, et la chaîne TMZ, aux Etats-Unis, qui prouve que, les bornes dépassées, il n’y a désormais plus de limites."
(par Renaud Machart dans Le MOnde)

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Après This is Orson Welles, Et Hollywood créa la femme, les sœurs Kuperberg reviennent nous compter une petite histoire du cinéma Hollywoodien avec leur dernier documentaire diffusé sur OCS Géants, Hollywood Gossip, les commères d’Hollywood.

Quand je les avait rencontrées en 2015 à Cannes, les sœurs Kuperberg (Clara et Julia) y présentaient un documentaire sur Orson Welles. Dans leur dernier documentaire, le réalisateur réapparaît, mais aurait pu ne jamais entrer dans la légende si l’entreprise de lynchage de son film, Citizen Kane, par Louella Parsons avait abouti à l’oubli du chef d’œuvre. Le documentaire ne s’intéresse pas de nouveau à Wells, mais justement à Louella Parsons, l’une des deux « commères » d’Hollywood présenté dans le film Hollywood Gossip. Les commères d’Hollywood. La seconde commère, plus vindicative et politisée, est Hedda Hopper (actrice à l’origine, qui d’ailleurs apparaît dans son propre rôle dans le célèbre Sunset Boulevard). Les deux opposées écrivaient tout ce qui a pu se raconter de potins entre 1930 et 1960 avant d’être supplantées par le magazine Confidential, lui même très vite dépassé par la presse à scandale telle qu’on la connaît aujourd’hui et qui dépasse très clairement le petit monde du cinéma et de ses stars internationales (qui ne sont d’ailleurs plus seulement fabriquées par les studios).

Véritables monstres du silence (qui pouvait faire plus de mal que le commérage) et du commérage, les deux femmes, dont l’une fut créée de toutes pièces pour surpasser l’autre avant d’échapper à son créateur même, avaient le pouvoir d’encenser ou de détruire une carrière cinématographique. Au temps de la bonne morale et du désir du public d’en savoir plus sur des acteurs autrefois peu mis en avant (on apprend en effet qu’au début du 20e siècle, les noms des acteurs n’apparaissent pas au générique), Louella et Hedda furent à la tête d’un empire, qui se compte en millions, fait de petits secrets et de révélations en tout genre. Hedda allait plus loin que Louella (notamment au moment de la lutte contre le communisme avec McCarthy), qui faisait figure de « tante » ou de « grand-mère » tout en effrayant tout le gratin du cinéma hollywoodien.

Au-delà de son caractère croustillant et de son histoire de la naissance des tabloïds, le documentaire de Clara et Julia Kuperberg vient de nouveau apporter un éclairage bienvenu sur le cinéma comme industrie, sur la puissance des studios et l’éternelle machine à stars que le cinéma représente aussi. A l’heure où les salles se battent contre Netflix pour redonner du pouvoir à la diffusion des films dans les cinéma et non pas seulement en VOD, le documentaire nous rappelle aussi que le cinéma est une immense machine à rêves et à scandales et que les plus beaux films comme ceux de Chaplin ou comme Citizen Kane sont capables de traverser le temps, plus longtemps qu’une photo en Une de « Closer » ou sur « TMZ », où une rumeur en balaie une autre. Ils captent quelque chose de plus profond, de plus beau et de plus intense, que nul petit potin ne serait éclabousser. Bien documenté et toujours agréablement illustré, le film des sœurs Kuperberg met de nouveau en lumière deux femmes, peut-être sous un jour moins flatteur que dans leurs précédents opus, mais pour mieux éclairer notre cinéma actuel et le monde dans lequel nous vivons.