La Lune de Jupiter - Film (2017)
La Lune de Jupiter - Film (2017)

Film de Kornél Mundruczó Fantastique et drame 2 h 03 min 8 juin 2017

Un jeune migrant se fait tirer dessus alors qu'il traverse illégalement la frontière. Sous le coup de sa blessure, Aryan découvre qu'il a maintenant le pouvoir de léviter. Jeté dans un camp de réfugiés, il s'en échappe avec l'aide du Dr Stern qui nourrit le projet d'exploiter son extraordinaire secret. Les deux hommes prennent la fuite en quête d'argent et de sécurité, poursuivis par le directeur du camp. Fasciné par l'incroyable don d'Aryan, Stern décide de tout miser sur un monde où les miracles s'achètent.

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« Les gens ont oublié de lever les yeux. On vit horizontalement, dans les réseaux » : cette jolie métaphore sur la société contemporaine appelle de ses vœux le point de départ surnaturel du nouveau film de Kornél Mundruczó : un réfugié syrien va donc se voir doté de la capacité à léviter, entraînant à sa suite la convoitise et l’intérêt pour le moins dangereux de certaines figures de la société hongroise.

Le portrait de celle-ci, qui semble être le premier sujet du film, est sans appel : les élites sont corrompues, du médecin au flic, et le pays est tout sauf une terre d’accueil. L’immersion dans les camps, qui rappellent les heures sombres et pourtant d’anticipation des Fils de l’homme, est une plongée enfer, dont l’autre rive convoitée par les migrants n’a rien d’un paradis.

Le personnage principal, médecin ripoux, synthétise toutes ces contradictions : avide de rassembler une certaine somme qui lui permettra de s’amender d’une erreur médicale (soit un thème tout à fait similaire à un autre film de la compétition cannoise, Mise à mort du cerf sacré), malhonnête en amour comme en amitié, il est la figure de l’anti héros qui va se voir flanqué d’une poule (volante) aux œufs d’or.

La dichotomie est facile : la lévitation du réfugié est l’antidote rêvé à toute cette pesante humanité, embourbée dans ses défauts.

Mais avant de s’appesantir sur sa dimension symbolique, Mundruczó s’attache surtout à filmer cette échappée à l’apesanteur ; et force est de constater qu’il le fait avec une maitrise réjouissante. Ce n’est pas pour rien qu’au détour d’un téléviseur dans une chambre, il cite le grand formaliste Kalatozov par le biais d’extraits de Quand passent les Cigognes. La première séquence, renversante dans tous les sens du terme, permet des vertiges qu’on avait un peu oubliés dans les salles obscures. Si le récit qui suit tend à alterner de manière un peu trop systématique les diverses manifestation de cette habilité, la plupart de ces manifestations sont assez jubilatoires, notamment lorsque le personnage descend une façade d’immeuble ou surtout durant la scène où les façades d’un appartement tournent autour de lui.

Le problème, c’est que le cinéaste, béat de sa capacité à filmer tout en fluidité, poursuit cette esthétique sur la quasi-totalité des scènes, tournant autour des personnages quand ils parlent, se baladant en travellings constants dans une danse assez vaine, qu’on pourrait qualifier de cache-misère d’un scénario qui peine à convaincre ; un travers déjà ostentatoirement à l’œuvre dans son précédent White God.

Car c’est là l’objet d’un pénible retour sur terre : accumulant les lourdeurs en termes de symbolique christique, traçant à traits épais l’itinéraire de rédemption du mauvais larron, le film s’élève avec de plus en plus de poids, et finit par rater son objectif.

En résulte un vœu totalement paradoxal : faire de Mundruczó un réalisateur chez Marvel : vu que leurs scénarios sont de toute façon ratés la plupart du temps, ils pourraient au moins se targuer de séquences d’autant plus spectaculaires qu’elles seraient aussi réalisées avec un grand talent.

(6.5/10)