Dennou Coil - Anime (2007)
Dennou Coil - Anime (2007)

Anime de Mitsuo Iso Aventure, drame, science-fiction 1 saison (terminée) NHK 25 min 12 mai 2007

Afin de rendre visite à leur grand-mère et de passer du temps avec elle, Yasako et sa petite sœur Kyoukou se rendent à la ville de Daikoku où réalité et virtuel ne font plus qu'un. En effet, grâce à des lunettes spéciales que tous les habitants portent, aux éléments réels s'ajoutent des éléments virtuels comme des animaux de compagnie qui sont justement à l'origine de certaines rumeurs. Depuis peu, on a remarqué que beaucoup d'entre eux disparaissaient mystérieusement. Alors que Yasako et sa sœur se promènent avec Densuke leur chien virtuel, elles tombent face à une substance électronique illégale. Suite à une faille du système, Yasako perd la trace de Densuke. Tentant de le retrouver, elle fait la connaissance de Fumie, une enfant de son âge faisant partie de l'Agence des détectives électroniques. Cette dernière acceptant de l'aider va faire découvrir à la plus grande surprise de Yasako que celle qui dirige l'Agence n'est autre que sa grand-mère. A

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Dennou Coil est une série qui fait plaisir car elle a été faite avec le cœur et ça se sent. Non seulement belle et douce, elle sait aussi être tour à tour intelligente, drôle, émouvante, palpitante et tragique, en proposant au public une histoire qui sait où elle va, qui fournit des réponses, le tout dans un contexte original et maîtrisé. Cet univers qui fait partie du charme de la série, on pourrait le situer entre le studio Ghibli et Serial Experiments Lain (je sais, c'est un peu difficile à imaginer) : le studio Ghibli pour les persos, les bestioles choupis , l'animation et Lain pour le monde virtuel hanté de fantômes et son impact (c'est par contre pas du tout glauque et bien moins mystérieux).

Aux commandes, on retrouve un certain Mitsuo Iso, sachant qu'il s'agit de la première série qu'il réalise, mais que le monsieur est loin d'être un néophyte dans le monde de l'animation. A son palmarès, du boulot entre autre sur FLCL, Ghost in the Shell, Evangelion, Omohide Poro Poro, Perfect Blue, Porco Rosso, etc. Il s'est également illustré sur un épisode de Rahxephon, le quinzième, qui effectivement sortait du lot. Un CV alléchant pour un homme qui confirme l'essai avec Dennou Coil, série qu'il marinait dans sa tête depuis une dizaine d'années selon ses dires.

Présentant le quotidien d'un groupe d'enfants habitués à la réalité augmentée, il faut avouer que l'on peut se retrouver un peu perdu face à l'avalanche de termes techniques que nous balancent les premiers épisodes. Un dialecte à la limite du cyber-ésotérique, avec des metabugs/kirabugs (comme autant de pierres précieuses), des metatags (ressemblant à des sortilèges), Satchii l'antivirus ambulant qui parcoure la ville, l'Imago, des Encoders considérés comme des sorciers-hackers ou encore les nombreux objets vendus par Megabaa. Heureusement, l'héroïne Yasako étant elle-même plus ou moins nouvelle à cette déferlante de technologie, l'apprentissage se fait tranquillement à ses côtés et l' « obsolete space » dévoile petit à petit ses secrets. Le contact avec le cyberespace est rendu ludique grâce à des accessoires loufoques et autres cyber-animaux fantaisistes, les gamins s'en donnant à cœur joie, prêts à passer l'été à enquêter sur les mystères de l'intrigante ville de Daikoku.

L'atmosphère paisible et estivale aurait déjà pu suffire à faire une série brillante de type tranche de vie, les protagonistes étant tous très attachants. Cependant, malgré quelques épisodes indépendants (et excellents, cf. le plésiosaure à pleurer de tristesse ou les barbes à pleurer de rire), Dennou Coil revêt un aspect feuilletonesque, avec parfois quelques cliffs en fin d'épisode. Suspens ! Que peuvent bien être réellement les Illégaux ? Dans un monde où les contes de fée sont remplacés par des légendes urbaines, où les peluches ont cédé leur place à des animaux virtuels, les âmes de défunts ont-elles trouvé refuge dans une antichambre virtuelle parallèle au nôtre ? Et qu'est donc cette Miss Michiko, cachée au fin fond du cyberespace, prête à réaliser le souhait des plus courageux qui viendront la trouver ?

Par l'entremise du virtuel, Dennou Coil aborde évidemment des souffrances bien réelles, notamment celle de la confrontation des enfants à la perte d'un être cher, une souffrance insoupçonnée et inconsolable. Comment accepter une telle disparition, forcément injuste, quand on ne fait que commencer sa propre vie ? Si les déclarations de Mitsuo Iso mettent en avant un autre thème fondateur de la série, c'est pour moi bien celui de la gestion de la mort (et donc de la vie) qui est mise à l'épreuve. Comme une fuite en avant, le virtuel devient une base pleine d'espoir, lorsque dans la fumée numérique, des voix semblent chuchoter des messages post-mortem destinés à ceux qu'ils ont laissés derrière eux. Rémanence de son propre désir de retrouver l'être aimé ou réelle communication par-delà la barrière de la mort ? Chacun y verra la réponse qui lui convient.

Mitsuo Iso ne parle pas tant de cette épreuve quand il présente la série, mais plutôt de la distance entre chaque personne et du chemin qu'ils devront parcourir pour pouvoir atteindre le cœur de chacun. Il est vrai que la construction de la série reflète un véritable parcours du combattant pour pouvoir permettre à la sauvage Isako (au portrait très fin) d'enfin lâcher prise avec son passé et pouvoir s'ouvrir aux autres, et dans une moindre mesure, à Haraken de pouvoir dire adieu à un être cher. Yasako et son cyber-chien seront également l'occasion d'aborder le rapport d'affection, assez trouble, qu'elle entretient avec cet animal, pourtant « simple » compilation de données.

En tant que bonne série mettant en scène des enfants, Dennou Coil se devait d'être triste, comme ces vieilles histoires qui nous mettent la larme à l'œil. Bien évidemment, il y a aussi des moments de bonheur et de complicité, pas mal d'action, mais une certaine mélancolie se dégage dès que les choses deviennent sérieuses, avec des passages poignants. L'animation est sensible, fluide et excellente, on s'attache d'autant plus à cette équipe qu'ils sont vivants et expressifs, particulièrement Fumie et Kyoko, criantes de vérité dans leur dynamisme. Un chara-design réussi et délicat (de Takeshi Honda, lui aussi au CV bien rempli) et des couleurs un peu pastel contribuent à la douceur ambiante, à la tiédeur des vacances d'été. Les effets graphiques pour représenter le monde digital sont superbement utilisés, conférant un style encore plus unique à la série. Je ne sais pas comment exprimer cette joie pour les yeux qu'est Dennou Coil, donc retenez simplement que c'est un JOLI dessin animé, définition jamais aussi bien portée.

Malgré tout le bien que j'en pense, il y a quelques points que l'on peut critiquer si on a un cœur de pierre, comme la force de l'amitié sur la fin (un classique), certaines motivations un poil simplistes / des problèmes de rythme, ou encore le thème lancé du bully, qui ne sert à rien au final, mais franchement, pas de quoi bouder son plaisir. Avec son univers alternatif, assimilé et exploité avec une rare intelligence, ses persos et ses bestioles plus que charmants, une animation sans faille (ou presque) et un suspens réellement palpitant dès la seconde partie de l'histoire, Dennou Coil est une excellente série Pas besoin d'en faire des tonnes, au contraire, la simplicité et l'humanité payent. Mitsuo Iso, un homme à suivre...